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dimanche 30 janvier 2011

Fear and Loathing in Outer Space

Selon la bio qu'on peut lire sur son SoundCloud, Mr Gonzo sort d'un univers de science fiction disco et l'onde de choc provoquée par sa collision avec la planète terre aurait généré une telle puissance funky qu'il aurait décidé de prendre le contrôle de notre monde via ses productions. Soit. Dieu merci, je ne suis pas journaliste reconnu, je ne suis donc pas tenu par la déontologie d'aller vérifier ces informations avant de les retranscrire ici. Je compte donc sur la bonne foi de ce producteur parisien dont on entend parler un peu partout ces derniers temps. De toute manière, un producteur de french house qui affiche dans son pseudo une parenté directe avec Hunter S Thompson ne peut être foncièrement mauvais et il serait absurde de remettre en cause sa  bonne volonté.
Non ça n'est pas une photo de l'artiste, mais j'en ai pas trouvé et il est temps que ce blog souffre un peu de ma passion pour les marionnettes. Tremblez.

L'EP Extended Play Area sorti il y a bientôt un mois est un pur concentré de basses funkys, de filtres et de samples discos. Le son est maîtrisé, dansant sans jamais tomber dans la facilité, parfois lounge et parfois furieusement funk, alternant entre les basses puissantes et la légèreté des samples retros et guitares 80's. Les tracks posent une ambiance, un univers pop et coloré, joyeux sans non plus tomber dans la niaiserie. On pense aux atmosphères estivales de Delorean ou de Crydamoure, gage de qualité à défaut de révolution musicale.  Mais si l'EP est indiscutablement une petite merveille, le reste des productions n'est pas en reste. Pour Bad Robot, Gonzo s'ecarte de la recette miracle d'Extended Play et s'essaie avec succès aux joies de l'arpège synthé kitsch, versant obscur mais non négligeable de la french house. Le résultat est une réussite totale, qui réussit l'exploit de ne pas me dégoûter malgré mon aversion pour ce genre de facilités musicales. En revanche, ses remix et la mixtape laissée en libre écoute sur Soundcloud ne sont pas franchement marquants et semblent perfectibles, la faute à certaines transitions qui laissent à désirer. On excusera de toute manière ces quelques tâtonnements puisque l'artiste se rattrape en parsemant le mix de samples de Street Fighter 2, recours facile mais incroyablement efficace pour convaincre les geeks dans mon style. Un producteur à suivre donc, qui semble en plus avoir l'élégance de remercier systématiquement les auditeurs qui commentent ses production, preuve d'une gentillesse infinie et/ou d'une intelligence largement supérieure et radicalement différente de tout ce que la planète terre a pu connaître jusqu'à aujourd'hui.

Links :
Mr Gonzo - Magic Cherry
Mr Gonzo - Swimming Pool
Le Soundcloud de Mr Gonzo, où vous pourrez tout écouter peinard

vendredi 24 décembre 2010

Homework : La house fleurit sous la douce lumière des néons

La hollande est un pays magnifique, connu et reconnu pour son architecture pittoresque, ses polders et sa culture intensive de coquelicot, qui colore joyeusement ses paysages campagnards. Mais c'est aussi la Mecque des junkies et le disneyland des drogués, Amsterdam étant le lieu de rendez vous favori des européens avides de défonce et de soirées de débauches, entre sexe drogue et house music. Une telle industrie des produits psychédéliques n'a pas eu que des effets positifs sur le tourisme, elle a aussi boosté la créativité de ses dj et producteurs d'electro, ce qui donna lieur à une véritable déferlante de "Dutch House" il y a quelques années. Au milieu de ce maelström de productions pas forcement toutes remarquables, un petit duo de hollandais, connus sous le nom fortement connoté de Homework, sortit une petite track de disco house tellement funky qu'on aurait pu croire à une production versaillaise de la fin des années 2000. Un sample disco 70, une montée bien dosée, un coup de compresseur et un filtre, ca peut paraitre enfantin, mais tout ajout supplémentaire serait tout à fait accessoire, inutile, voire un peu laborieux.


Curieux de nature, je poussais donc un peu mes recherches sur ce groupe, histoire de voir si ils étaient capables de reproduire le miracle de I Got Two, voire d'en industrialiser la production pour en faire une entreprise rentable et pérenne, rassurante perspective en ces temps troublés de crise économique mondiale. Je rassure immédiatement les mystiques superstitieux de la french house : Non, rien dans les autres productions des deux jeunes hollandais ne vient égaler la puissance et l'efficacité de ce morceau, et les shamans de la musique électroniques ont encore de beaux jours devant eux. N'empêche, même si leurs autres tracks tranchent avec le style disco de I Got Two et se tournent vers des influences plus diverses voire exotiques, certaines restent très bien foutues, à l'instar de Fissa Tune, samplé sur une chanson traditionnelle grecque. Homework expérimente, et si  ils se plantent souvent, le mérite n'en est que plus grand quand ils font mouche.

Links
Homework - I Got Two
Homework - Fissa Tune

mardi 14 décembre 2010

Dieu benisse les clubs enfumés du sud de Londres

Le 2step ou UKgarage n'ont jamais été des genres qui m'aient vraiment intéressé. J'y avais jeté une oreille respectueuse lorsque j'avais découvert la dubstep, mais rien n'avait vraiment retenu mon attention. Pourtant, lorsque dans son mix pour Annie Nightingale, AC Slater a balancé Sincere de MJ Cole, j'ai immédiatement senti qu'il y avait la quelque chose qui me parlait, bien plus que toute l'avalanche de wooble wooble pseudo dubstep qui nous noie depuis quelques années. Le rythme syncopé et planant peut être,  qui tranchait radicalement avec le 4 to the floor qui semble conditionner toute musique électronique à vocation dansante depuis les débuts de la création. C'était une vraie libération, une redécouverte pour moi, d'un son que j'avais cru exclusif aux tracks de Horsepower Productions, pionniers du mouvement dubstep au milieu des années 2000. Degagé de cette nécessité abrutissante de balancer la basse la plus puissante du monde, MJ Cole pose doucement son ambiance, feutrée et lounge, avec une instrumentation et une partie vocale très proche de la deep house des années 80. On est en 1998, et l'electro n'a pas encore connu cette espèce de folie sursaturée des années 2000. Et c'est surprenant aujourd'hui de retrouver aux origines cet track, si jazzy, si élégante et pourtant si dansante.

Le premier single "Sincere" et l'EP qui suivra sont deux petites merveilles trop souvent oubliées dans le monde de l'electro. Tout le monde s'accorde à reconnaitre à MJ Cole son statut de précurseur du mouvement dubstep qui déferlera quelques années plus tard. Mais ici, les basses vrombissantes sont de trop, le producteur est ancien pianiste, et ca se sent. La mélodie est primordiale dans les premiers titres de MJ Cole, elle n'est jamais étouffée par une rythmique trop appuyée, un compresseur poussé à fond ou une basse à faire trembler les murs. Tout est la, mais tout est mesuré, et donne à chaque aspect une vraie valeur, un vrai rôle dans l'élaboration de ce groove surprenant et désarmant qu'on retrouve dans ces premières productions qui se révèlent des coups de maitre. Ensuite, dieu seul sait ce qui lui a pris, mais c'est globalement moins bon.

Links :
Mj Cole - Sincere
Mj Cole - Flava Fever
MJ Cole - Guilty