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mardi 8 février 2011

Le Stupeflip Crou ne mourra jamais.

Le stup est sûrement la meilleure chose qui pouvait arriver au monde en ces temps troublés. Face au capitalisme décadent et insidieux qui gangrène chaque jour un peu plus nos pauvres espoirs d'êtres humains, le stup semble la seule alternative valable au suicide et à la démence, malgré les similitudes notables de ces différentes solutions. Voila pourquoi après une longue attente, l'arrivée du 3eme album du Stup n'est pas un évènement à prendre à la légère, comme les médias occidentaux tentent de nous le faire croire en refusant à King Ju et à sa clique la couverture médiatique qui leur revient de droit. Dieu merci, John Lennon Is Dead se refuse au diktat de la pensée unique et vient dispenser la bonne parole aux foules apeurées et aisément manipulables : Tremblez bande de pucelles, ILS sont revenus.

 Le premier album du Stupeflip crou était une révélation, une immense claque dans la gueule pour le monde entier, poussant le vice jusqu'à envahir le plateau de Top of the Pop pour leur rappeler ce que c'était d'en avoir vraiment. La religion du stup était un album sans concession, qui donnait à voir aux pauvres ahuris que nous étions alors la grandeur et la puissance du stup, en tant qu'organisation religieuse absolutiste. Que dire du troisième? Sans tourner autour d'un concept clairement défini, l'album suinte le crou, et oscille allègrement entre ritournelle pop année 80 (Merci pop-hip) et violence musicale rap/rock, tout en allant parfois faire un tour vers les sonorités franchement electro/cold wave. On pense aux Residents, toujours un peu quand on écoute le crou, et puis rapidement on s'en fout, on pense au stup et puis c'est tout. Accouché dans la douleur, cet album qui aura mis longtemps à voir la lumière du jour est le digne descendant des précédents opus, dont il semble prendre la suite directe. Les lyrics de Ju sont toujours excellents, au vitriol et à mi chemin entre foutage de gueule et désespoir total.  Les titres comme "la Menuiserie" ou "Stupeflip Vite" respirent le glauque et le dégueulasse, la peur et la folie. Le reste de l'album ne détone pas, et on retrouve au fil des chansons tout le petit univers du Stup, sa religion, ses membres éminents, ses nouveaux membres, et même une chanson dédiée à Mylene Farmer. Des guitares qui grincent, des gens qui crient et des basses qui claquent, on en demandait de toute façon pas plus. On regrettera peut être les quelques trips pop acidulés façon Pop-Hip, mi-serieux mi-relous. Mais c'est le prix à payer pour le reste de l'album, qui est lui irréprochable. Stupeflip, c'est un peu le seul groupe francophone que j'accepterai de défendre corps et âme, quoiqu'il arrive et quelles qu'en soient les conséquences. Ils le valent bien.


Links :
Stupeflip - La Menuiserie 
Stupeflip - Stupeflip Vite (Rutube mon gars, respecte.)
Le site officiel du Stup, pour acheter l'album comme une petite groupie consommatrice

jeudi 3 février 2011

The Wendy Darlings : Meilleur groupe de Pop-Rock du monde depuis 1492.

Il est assez rare que je puisse dire d'un groupe actuel "j'ai tous leurs vynils" en sautillant comme une groupie frénétique, cela me manque d'ailleurs terriblement dans la vie de tous les jours. C'est pourtant une des multiples qualités des Wendys Darlings, petit groupe de rock clermontois à tendance retro pop, qui a probablement du sortir un cd ou deux, mais dont je ne possède que deux 45 tours que j'ecoute regulierement, chose rare pour ce genre de support certes mignon mais tout de même assez contraignant.. Quelque part entre les Moldys Peaches (Pour le coté garage/chaotique) et Pavement ( Pour le coté euh... garage/chaotique aussi.), les Wendy Darlings dispensent une énergie surprenante et communicative dans des riffs d'une efficacité rare. Mais tout aussi à l'aise avec les balades les plus pop, le groupe fait preuve d'un sens surprenant de la mélodie entêtante et de la ritournelle que l'on retient trop facilement, au point qu'on pourrait presque leur en vouloir de s'introduire avec une telle persistance et une telle facilité dans nos esprits.
Attention, il semblerait que beaucoup de groupes utilisent le nom The Wendy Darlings. Méfiez vous des imitations !

Un petit univers à mi chemin entre le SM et le rose bonbon, follement sixties sans jamais être ringard, les Wendys Darlings réalisent l'exploit de me faire trouver la langue allemande sexy, ce qui relève du miracle tant mon aversion pour le vocable germanique est grande. Bien sur, tout n'est pas parfait. On sent ici et la quelques petits tâtonnements, un enregistrement un peu chaotique, des voix pas toujours très justes, et des performances sur scène mémorables à défaut d'être techniquement irréprochables... Mais loin de nuire à l'ensemble, tout ça rend le groupe un peu plus chaleureux, vivant et authentique. La voix inimitable de la chanteuse, qu'on croirait née pour chanter dans un groupe de ce genre, des instrus simples et efficaces qui fonctionnent à chaque fois, cela peut sembler trop beau pour être vrai mais pourtant les Wendys semblent avoir trouver la recette magique pour systématiquement éviter d'être chiant. Ces gens la jouent du rock, avec tout ce que ça implique d'approximation, d'énergie et de joie de vivre, sans jamais chercher à "trop en faire" et c'est une qualité suffisamment rare pour être mentionnée aujourd'hui.

Links :
The Wendy Darlings - Enormous Pop
The Wendy Darlings - Kojak sucks lollipops in HELL
The Wendy Darlings - Sunday So Bored
Un myspace rempli de musique , rien que pour vos beaux yeux.

dimanche 9 janvier 2011

Lynchage musical : les tourments sonores de David.

David Lynch est un ovni parmi les réalisateurs connus. Là où la plupart des wanabee cinéastes amateurs hipsters accumulent les courts obscurs et vaguement conceptuels ennuyeux, Lynch a réussi l'impensable : produire une chiée de longs métrage difficilement compréhensibles et angoissant, sans pour autant tourner le dos au succès populaire et critique. Bien sur, vous pouvez sans trop de honte détester son oeuvre, mais il est difficile de nier l'impact de films comme Mulholland Drive, Blue Velvet ou bien l'influence de la série Twin Peaks sur les productions de ces dernières années. On aurait pu croire qu'il allait se contenter d'être doué pour un domaine et continuer tranquillement à faire des films bizarres en engrangeant de jolies récompenses à empiler sur sa cheminée, mais non. David Lynch a annoncé récemment qu'il allait sortir un album solo d'electro pop. Ne nous méprenons pas, l'homme n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine musical et a déjà collaboré ou travaillé sur des albums, mais jamais seul, préférant apparaître le temps d'un duo ou en guest star. Mais on pouvait être assez curieux de ce qu'allait donner l'univers torturé et angoissant de Lynch une fois transposé en musique et non plus en image.

La bande son parfaite pour la salle d'attente de l'enfer
Les deux premiers morceaux mis en avant fin 2010 donnent un premier aperçu de ce que sera l'album, et c'est plutôt de bon augure : A mi chemin entre Crystal Castles et MGMT, What a Good Day Today surprend par ses sons très actuels, ses claviers et sa voix modifiée. Les paroles mi ironiques mi inquiétantes contrastent avec la mélodie très pop, entrecoupée par moments de coups de feu et de sons étranges. Tout se joue ici sur cet espèce de paradoxe absurde et cruel qui structure l'ensemble du morceau. L'autre morceau, I Know, fait immédiatement penser au trip hop de Portishead, à cette ambiance pesante et lointaine, que ce soit dans la voix modifiée de Lynch, le sample de guitare ou les basses lourdes et puissantes. Le morceau rappelle immédiatement l'atmosphère étrange de la chambre rouge de Twin Peaks, et colle merveilleusement bien à l'univers de Lynch. Si le premier morceau reste sympathique et très agréable, I Know nous expédie dans quelque chose de bien plus intéressant, un univers qui prend son temps et impose son rythme sans aucune faute de goût ni aucun écart maladroit. Si l'on se fie à ces deux premiers extraits, on se doute que l'album de Lynch ressemblera plus à un patchwork maîtrisé de toutes ces influences musicales qui semblent s'imposer comme évidentes dans l'univers du réalisateur. Pourtant, si l'ensemble des pistes dégagent cette même aisance et ce je-ne-sais quoi de si particulier, alors on peut espérer une vraie petite merveille pour 2011.

Links :
David Lynch - I Know
David Lynch - Good Day Today

dimanche 26 décembre 2010

Le papa du gorille a toujours de l'or au bout des doigts

Damon Albarn, papa du super-projet polymorphe Gorillaz dévoile l'album surprise de Noël The Fall. Un beau cadeau de la part du baroudeur, qui a composé ces 15 pépites de pop électronique pendant la dernière tournée du groupe, de Montréal à Houston, en passant par Chicago et bien d'autres villes d'Amérique du Nord. L'éclairage urbain des métropoles et les vastitudes enneigées de l'Illinois ont donc défilé entre le 3 et le 30 Octobre, pendant que les oreilles étaient bien occupées à bricoler cet album express...sur iPad. Tout ça avec l'aide précieuse de quelques fidèles, Mick Jones, Jesse Hackett, Bobby Womack ou encore Paul Simonon appelés à la barre pour ajouter leur grain de sel. Un album dont on comprend dès la deuxième piste Revolving Doors qu'il n'est pas qu'une simple bidouille électronique de fan-service. Un compromis entre la puissance mélodique de Demon Days et la soul aseptisée de Plastic Beach : c'est bien du Gorillaz.



Depuis qu'il a jeté la foudre sur le singe-frankenstein des débuts de Gorillaz, son projet n'a jamais cessé de muter pour devenir aujourd'hui, le King Kong de la pop. Un bon album composé en 27 jours avec un iPad, sur la route, pendant une tournée éprouvante : Albarn a toujours de l'or au bout des doigts.



mercredi 22 décembre 2010

Du rock de chambre pour soigner ses engelures

Carissa's Wierd...un de ces noms de groupe qui hantent articles et chroniques, sur le papier comme sur le net. Une référence récurrente dont on finit par penser qu'elle n'est sans doute que la caricature d'un genre de musique, un idéal type pratique pour le critique. La graine finit par germer et malgré l'appréhension, on écoute. On comprend alors pourquoi certains noms demeurent. Carissa’s Wierd n’existe officiellement plus depuis 7 ans. Mais, aussi indélébile qu'une déclaration d'amour adolescente gravée au couteau sur un banc public, la marque puérile mais authentique survit à l'épreuve du temps. Comme si il y avait sur cette bonne vieille toile une justice pour empêcher qu'elle soit recouverte à jamais par la mousse d'un foisonnement musical impitoyable.

Matt Brooke & Jennifer "Ghetto" Hayes


L’album Songs About Leaving (2002) de ce groupe de Seattle évoque l'indie le plus doux de Modest Mouse, l’intimité feutrée de The Notwist, la rage sourde de Swan Lake, les voix éthérées de Mazzy Star. Jennifer Hays chante Sofisticated Fuck Princess Please Leave Me Alone comme une Cat Power chanterait Ice Water perdue dans la brume. On pense à feu Sparklehorse en entendant la fusion de sa voix avec la voix masculine de Matt Brooke. Les morceaux rassemblent en toute (fausse) simplicité guitares, piano et batterie. Le tout est enrobé de magnifiques arrangements de cordes. Le groupe sort tout juste d'un long combat qui lui a permis de récupérer les droits de ces chansons, une nouvelle qui promet la réédition prochaine de leur albums...to be continued.


En écoutant des chansons telles que They’ll only miss you when you leave, on se met à rêver que Carissa's Wierd joue la bande son de nos voyages, de nos ruptures géographiques et sentimentales.

vendredi 17 décembre 2010

Breathe Owl Breathe, chouette folk qui respire

Deux barbus désabusés et une jolie nymphe venus tout droit du froid Michigan ? En voyant ces trombines on peut penser avoir à faire à un énième trio charismatique qui chante faux et qui joue de la guitare avec ses orteils...C'est pas pour cette fois : les Breathe Owl Breathe respirent la sincérité et leur musique n'a rien d'une pelote de réjection. Prenez un peu de poudre d'Espers, quelques copeaux de Ben & Bruno, et c'est parti pour de la folk sortie de derrière les fagots : arrangements de cordes, marimbas et boîtes à musique...Que ceux qui en ont marre de la musique qui pue l'humus se réjouissent également. Le meilleur avec Breathe Owl Breathe c'est que c'est au moment où on croit qu'on va mourir de froid dans la poudreuse et les branches mortes qu'on nous poignarde dans le dos avec des nappes de clavier et un refrain accrocheur.

Une volaille, un potager : ce soir c'est pintade à l'italienne pour Trevor, Andréa et Micah
L'album Magic Central sort le 28 septembre dernier : 12 superbes titres plus frais les uns que les autres. 12 titres où on voit qu'on a à faire à un groupe qui ne se satisfait pas d'une seule bonne idée par chanson : ça fait du bien. De quoi se laisser cueillir volontiers par la chouette comme un imprudent rongeur noctambule. Le dernier projet de Breathe Owl Breathe est un livre + album destiné aux enfants. La collecte de fonds a atteint son but il y a un peu moins d'un mois et le projet est lancé. Vous comprendrez mieux pourquoi le groupe a réussi à rassembler près de 11 000 $ en regardant cette vidéo. On y voit les gus mettre leurs talents de conteurs/dessinateurs/artisans à contribution et promettre d'envoyer un cadeau à domicile pour chaque don reçu. 

Je...oui, je l'ai regardée en entier, et alors ?