La propension des groupes electro à se trouver un nom contenant le mot "Crystal" est assez surprenante ces dernières années, comme si ce simple substantif était de facto relié à l'univers et aux sonorités électroniques. Crystal fighters donc, à ne pas confondre avec Crystal castles, Crystal Stilts ou les plus sobrement nommés Crystal, est un petit groupe qui avait déjà fait une incursion dans nos ipods en 2009 dans la compilation Kitsune n° 7 avec la chanson Xtatic Truth. Étrange mélange de sonorités, piochant sans trop complexer des mélodies sur instruments traditionnels et des sons de synthés très electro, Xtatic Truth se révélait au final un cocktail original et surpuissant, au point d'être surement la track la plus marquante de la compilation.
L'album Star Of Love sorti tout récemment décline la même recette tout au long de ses 11 tracks, avec efficacité et brio, en apportant un son résolument nouveau et estival. L'incorporation d'instruments et de sonorités analogiques au milieu d'une jungle de claviers et de synthés, qu'on aurait pu croire un peu hasardeuse, fonctionne de manière surprenante et donne à l'ensemble de l'album un cachet à mi chemin entre un groupe comme Tanlines et Delorean, pour l'énergie solaire qui semble se dégager de chaque chanson . On navigue sans problème entre pop et electro, les bonnes idées et les mélodies entêtantes se multiplient tout comme les références parfois surprenantes et décalées. Malgré tout, l'album reste d'une surprenante homogénéité et s'écoute de bout en bout sans jamais trahir l'esprit posé dès les premiers accords de Star Of Love, sautillant, joyeux et puissant. Car c'est peut être là le vrai talent de ces musiciens, leur incroyable capacité à systématiquement parvenir à faire décoller une track qui, dans les mains d'un autre, serait resté à son stade primaire : une simple mélodie plutôt jolie mais qu'on oublie vite. Mais les Crystal Fighters savent avec classe jouer sur les différents éléments qui composent leurs morceaux qu'on pourrait croire disparates et bordéliques pour finalement en tirer un ensemble cohérent et efficace, qui s'emballe rapidement et vous emporte sans que vous en ayez vraiment conscience.
Links :
Crystal Fighters - Xtatic Truth
Crystal Fighters - Champion Sound
Crystal Fighters - Plage
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jeudi 24 février 2011
mardi 8 février 2011
Le Stupeflip Crou ne mourra jamais.
Le stup est sûrement la meilleure chose qui pouvait arriver au monde en ces temps troublés. Face au capitalisme décadent et insidieux qui gangrène chaque jour un peu plus nos pauvres espoirs d'êtres humains, le stup semble la seule alternative valable au suicide et à la démence, malgré les similitudes notables de ces différentes solutions. Voila pourquoi après une longue attente, l'arrivée du 3eme album du Stup n'est pas un évènement à prendre à la légère, comme les médias occidentaux tentent de nous le faire croire en refusant à King Ju et à sa clique la couverture médiatique qui leur revient de droit. Dieu merci, John Lennon Is Dead se refuse au diktat de la pensée unique et vient dispenser la bonne parole aux foules apeurées et aisément manipulables : Tremblez bande de pucelles, ILS sont revenus.
Le premier album du Stupeflip crou était une révélation, une immense claque dans la gueule pour le monde entier, poussant le vice jusqu'à envahir le plateau de Top of the Pop pour leur rappeler ce que c'était d'en avoir vraiment. La religion du stup était un album sans concession, qui donnait à voir aux pauvres ahuris que nous étions alors la grandeur et la puissance du stup, en tant qu'organisation religieuse absolutiste. Que dire du troisième? Sans tourner autour d'un concept clairement défini, l'album suinte le crou, et oscille allègrement entre ritournelle pop année 80 (Merci pop-hip) et violence musicale rap/rock, tout en allant parfois faire un tour vers les sonorités franchement electro/cold wave. On pense aux Residents, toujours un peu quand on écoute le crou, et puis rapidement on s'en fout, on pense au stup et puis c'est tout. Accouché dans la douleur, cet album qui aura mis longtemps à voir la lumière du jour est le digne descendant des précédents opus, dont il semble prendre la suite directe. Les lyrics de Ju sont toujours excellents, au vitriol et à mi chemin entre foutage de gueule et désespoir total. Les titres comme "la Menuiserie" ou "Stupeflip Vite" respirent le glauque et le dégueulasse, la peur et la folie. Le reste de l'album ne détone pas, et on retrouve au fil des chansons tout le petit univers du Stup, sa religion, ses membres éminents, ses nouveaux membres, et même une chanson dédiée à Mylene Farmer. Des guitares qui grincent, des gens qui crient et des basses qui claquent, on en demandait de toute façon pas plus. On regrettera peut être les quelques trips pop acidulés façon Pop-Hip, mi-serieux mi-relous. Mais c'est le prix à payer pour le reste de l'album, qui est lui irréprochable. Stupeflip, c'est un peu le seul groupe francophone que j'accepterai de défendre corps et âme, quoiqu'il arrive et quelles qu'en soient les conséquences. Ils le valent bien.
Links :
Stupeflip - La Menuiserie
Stupeflip - Stupeflip Vite (Rutube mon gars, respecte.)
Le site officiel du Stup, pour acheter l'album comme une petite groupie consommatrice
Le premier album du Stupeflip crou était une révélation, une immense claque dans la gueule pour le monde entier, poussant le vice jusqu'à envahir le plateau de Top of the Pop pour leur rappeler ce que c'était d'en avoir vraiment. La religion du stup était un album sans concession, qui donnait à voir aux pauvres ahuris que nous étions alors la grandeur et la puissance du stup, en tant qu'organisation religieuse absolutiste. Que dire du troisième? Sans tourner autour d'un concept clairement défini, l'album suinte le crou, et oscille allègrement entre ritournelle pop année 80 (Merci pop-hip) et violence musicale rap/rock, tout en allant parfois faire un tour vers les sonorités franchement electro/cold wave. On pense aux Residents, toujours un peu quand on écoute le crou, et puis rapidement on s'en fout, on pense au stup et puis c'est tout. Accouché dans la douleur, cet album qui aura mis longtemps à voir la lumière du jour est le digne descendant des précédents opus, dont il semble prendre la suite directe. Les lyrics de Ju sont toujours excellents, au vitriol et à mi chemin entre foutage de gueule et désespoir total. Les titres comme "la Menuiserie" ou "Stupeflip Vite" respirent le glauque et le dégueulasse, la peur et la folie. Le reste de l'album ne détone pas, et on retrouve au fil des chansons tout le petit univers du Stup, sa religion, ses membres éminents, ses nouveaux membres, et même une chanson dédiée à Mylene Farmer. Des guitares qui grincent, des gens qui crient et des basses qui claquent, on en demandait de toute façon pas plus. On regrettera peut être les quelques trips pop acidulés façon Pop-Hip, mi-serieux mi-relous. Mais c'est le prix à payer pour le reste de l'album, qui est lui irréprochable. Stupeflip, c'est un peu le seul groupe francophone que j'accepterai de défendre corps et âme, quoiqu'il arrive et quelles qu'en soient les conséquences. Ils le valent bien.
Links :
Stupeflip - La Menuiserie
Stupeflip - Stupeflip Vite (Rutube mon gars, respecte.)
Le site officiel du Stup, pour acheter l'album comme une petite groupie consommatrice
dimanche 30 janvier 2011
Fear and Loathing in Outer Space
Selon la bio qu'on peut lire sur son SoundCloud, Mr Gonzo sort d'un univers de science fiction disco et l'onde de choc provoquée par sa collision avec la planète terre aurait généré une telle puissance funky qu'il aurait décidé de prendre le contrôle de notre monde via ses productions. Soit. Dieu merci, je ne suis pas journaliste reconnu, je ne suis donc pas tenu par la déontologie d'aller vérifier ces informations avant de les retranscrire ici. Je compte donc sur la bonne foi de ce producteur parisien dont on entend parler un peu partout ces derniers temps. De toute manière, un producteur de french house qui affiche dans son pseudo une parenté directe avec Hunter S Thompson ne peut être foncièrement mauvais et il serait absurde de remettre en cause sa bonne volonté.
L'EP Extended Play Area sorti il y a bientôt un mois est un pur concentré de basses funkys, de filtres et de samples discos. Le son est maîtrisé, dansant sans jamais tomber dans la facilité, parfois lounge et parfois furieusement funk, alternant entre les basses puissantes et la légèreté des samples retros et guitares 80's. Les tracks posent une ambiance, un univers pop et coloré, joyeux sans non plus tomber dans la niaiserie. On pense aux atmosphères estivales de Delorean ou de Crydamoure, gage de qualité à défaut de révolution musicale. Mais si l'EP est indiscutablement une petite merveille, le reste des productions n'est pas en reste. Pour Bad Robot, Gonzo s'ecarte de la recette miracle d'Extended Play et s'essaie avec succès aux joies de l'arpège synthé kitsch, versant obscur mais non négligeable de la french house. Le résultat est une réussite totale, qui réussit l'exploit de ne pas me dégoûter malgré mon aversion pour ce genre de facilités musicales. En revanche, ses remix et la mixtape laissée en libre écoute sur Soundcloud ne sont pas franchement marquants et semblent perfectibles, la faute à certaines transitions qui laissent à désirer. On excusera de toute manière ces quelques tâtonnements puisque l'artiste se rattrape en parsemant le mix de samples de Street Fighter 2, recours facile mais incroyablement efficace pour convaincre les geeks dans mon style. Un producteur à suivre donc, qui semble en plus avoir l'élégance de remercier systématiquement les auditeurs qui commentent ses production, preuve d'une gentillesse infinie et/ou d'une intelligence largement supérieure et radicalement différente de tout ce que la planète terre a pu connaître jusqu'à aujourd'hui.
Links :
Mr Gonzo - Magic Cherry
Mr Gonzo - Swimming Pool
Le Soundcloud de Mr Gonzo, où vous pourrez tout écouter peinard
| Non ça n'est pas une photo de l'artiste, mais j'en ai pas trouvé et il est temps que ce blog souffre un peu de ma passion pour les marionnettes. Tremblez. |
L'EP Extended Play Area sorti il y a bientôt un mois est un pur concentré de basses funkys, de filtres et de samples discos. Le son est maîtrisé, dansant sans jamais tomber dans la facilité, parfois lounge et parfois furieusement funk, alternant entre les basses puissantes et la légèreté des samples retros et guitares 80's. Les tracks posent une ambiance, un univers pop et coloré, joyeux sans non plus tomber dans la niaiserie. On pense aux atmosphères estivales de Delorean ou de Crydamoure, gage de qualité à défaut de révolution musicale. Mais si l'EP est indiscutablement une petite merveille, le reste des productions n'est pas en reste. Pour Bad Robot, Gonzo s'ecarte de la recette miracle d'Extended Play et s'essaie avec succès aux joies de l'arpège synthé kitsch, versant obscur mais non négligeable de la french house. Le résultat est une réussite totale, qui réussit l'exploit de ne pas me dégoûter malgré mon aversion pour ce genre de facilités musicales. En revanche, ses remix et la mixtape laissée en libre écoute sur Soundcloud ne sont pas franchement marquants et semblent perfectibles, la faute à certaines transitions qui laissent à désirer. On excusera de toute manière ces quelques tâtonnements puisque l'artiste se rattrape en parsemant le mix de samples de Street Fighter 2, recours facile mais incroyablement efficace pour convaincre les geeks dans mon style. Un producteur à suivre donc, qui semble en plus avoir l'élégance de remercier systématiquement les auditeurs qui commentent ses production, preuve d'une gentillesse infinie et/ou d'une intelligence largement supérieure et radicalement différente de tout ce que la planète terre a pu connaître jusqu'à aujourd'hui.
Links :
Mr Gonzo - Magic Cherry
Mr Gonzo - Swimming Pool
Le Soundcloud de Mr Gonzo, où vous pourrez tout écouter peinard
dimanche 9 janvier 2011
Lynchage musical : les tourments sonores de David.
David Lynch est un ovni parmi les réalisateurs connus. Là où la plupart des wanabee cinéastes amateurs hipsters accumulent les courts obscurs et vaguement conceptuels ennuyeux, Lynch a réussi l'impensable : produire une chiée de longs métrage difficilement compréhensibles et angoissant, sans pour autant tourner le dos au succès populaire et critique. Bien sur, vous pouvez sans trop de honte détester son oeuvre, mais il est difficile de nier l'impact de films comme Mulholland Drive, Blue Velvet ou bien l'influence de la série Twin Peaks sur les productions de ces dernières années. On aurait pu croire qu'il allait se contenter d'être doué pour un domaine et continuer tranquillement à faire des films bizarres en engrangeant de jolies récompenses à empiler sur sa cheminée, mais non. David Lynch a annoncé récemment qu'il allait sortir un album solo d'electro pop. Ne nous méprenons pas, l'homme n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine musical et a déjà collaboré ou travaillé sur des albums, mais jamais seul, préférant apparaître le temps d'un duo ou en guest star. Mais on pouvait être assez curieux de ce qu'allait donner l'univers torturé et angoissant de Lynch une fois transposé en musique et non plus en image.
Les deux premiers morceaux mis en avant fin 2010 donnent un premier aperçu de ce que sera l'album, et c'est plutôt de bon augure : A mi chemin entre Crystal Castles et MGMT, What a Good Day Today surprend par ses sons très actuels, ses claviers et sa voix modifiée. Les paroles mi ironiques mi inquiétantes contrastent avec la mélodie très pop, entrecoupée par moments de coups de feu et de sons étranges. Tout se joue ici sur cet espèce de paradoxe absurde et cruel qui structure l'ensemble du morceau. L'autre morceau, I Know, fait immédiatement penser au trip hop de Portishead, à cette ambiance pesante et lointaine, que ce soit dans la voix modifiée de Lynch, le sample de guitare ou les basses lourdes et puissantes. Le morceau rappelle immédiatement l'atmosphère étrange de la chambre rouge de Twin Peaks, et colle merveilleusement bien à l'univers de Lynch. Si le premier morceau reste sympathique et très agréable, I Know nous expédie dans quelque chose de bien plus intéressant, un univers qui prend son temps et impose son rythme sans aucune faute de goût ni aucun écart maladroit. Si l'on se fie à ces deux premiers extraits, on se doute que l'album de Lynch ressemblera plus à un patchwork maîtrisé de toutes ces influences musicales qui semblent s'imposer comme évidentes dans l'univers du réalisateur. Pourtant, si l'ensemble des pistes dégagent cette même aisance et ce je-ne-sais quoi de si particulier, alors on peut espérer une vraie petite merveille pour 2011.
Links :
David Lynch - I Know
David Lynch - Good Day Today
| La bande son parfaite pour la salle d'attente de l'enfer |
Links :
David Lynch - I Know
David Lynch - Good Day Today
dimanche 26 décembre 2010
Le papa du gorille a toujours de l'or au bout des doigts
Damon Albarn, papa du super-projet polymorphe Gorillaz dévoile l'album surprise de Noël The Fall. Un beau cadeau de la part du baroudeur, qui a composé ces 15 pépites de pop électronique pendant la dernière tournée du groupe, de Montréal à Houston, en passant par Chicago et bien d'autres villes d'Amérique du Nord. L'éclairage urbain des métropoles et les vastitudes enneigées de l'Illinois ont donc défilé entre le 3 et le 30 Octobre, pendant que les oreilles étaient bien occupées à bricoler cet album express...sur iPad. Tout ça avec l'aide précieuse de quelques fidèles, Mick Jones, Jesse Hackett, Bobby Womack ou encore Paul Simonon appelés à la barre pour ajouter leur grain de sel. Un album dont on comprend dès la deuxième piste Revolving Doors qu'il n'est pas qu'une simple bidouille électronique de fan-service. Un compromis entre la puissance mélodique de Demon Days et la soul aseptisée de Plastic Beach : c'est bien du Gorillaz.
Depuis qu'il a jeté la foudre sur le singe-frankenstein des débuts de Gorillaz, son projet n'a jamais cessé de muter pour devenir aujourd'hui, le King Kong de la pop. Un bon album composé en 27 jours avec un iPad, sur la route, pendant une tournée éprouvante : Albarn a toujours de l'or au bout des doigts.
vendredi 24 décembre 2010
Homework : La house fleurit sous la douce lumière des néons
La hollande est un pays magnifique, connu et reconnu pour son architecture pittoresque, ses polders et sa culture intensive de coquelicot, qui colore joyeusement ses paysages campagnards. Mais c'est aussi la Mecque des junkies et le disneyland des drogués, Amsterdam étant le lieu de rendez vous favori des européens avides de défonce et de soirées de débauches, entre sexe drogue et house music. Une telle industrie des produits psychédéliques n'a pas eu que des effets positifs sur le tourisme, elle a aussi boosté la créativité de ses dj et producteurs d'electro, ce qui donna lieur à une véritable déferlante de "Dutch House" il y a quelques années. Au milieu de ce maelström de productions pas forcement toutes remarquables, un petit duo de hollandais, connus sous le nom fortement connoté de Homework, sortit une petite track de disco house tellement funky qu'on aurait pu croire à une production versaillaise de la fin des années 2000. Un sample disco 70, une montée bien dosée, un coup de compresseur et un filtre, ca peut paraitre enfantin, mais tout ajout supplémentaire serait tout à fait accessoire, inutile, voire un peu laborieux.
Curieux de nature, je poussais donc un peu mes recherches sur ce groupe, histoire de voir si ils étaient capables de reproduire le miracle de I Got Two, voire d'en industrialiser la production pour en faire une entreprise rentable et pérenne, rassurante perspective en ces temps troublés de crise économique mondiale. Je rassure immédiatement les mystiques superstitieux de la french house : Non, rien dans les autres productions des deux jeunes hollandais ne vient égaler la puissance et l'efficacité de ce morceau, et les shamans de la musique électroniques ont encore de beaux jours devant eux. N'empêche, même si leurs autres tracks tranchent avec le style disco de I Got Two et se tournent vers des influences plus diverses voire exotiques, certaines restent très bien foutues, à l'instar de Fissa Tune, samplé sur une chanson traditionnelle grecque. Homework expérimente, et si ils se plantent souvent, le mérite n'en est que plus grand quand ils font mouche.
Links
Homework - I Got Two
Homework - Fissa Tune
Curieux de nature, je poussais donc un peu mes recherches sur ce groupe, histoire de voir si ils étaient capables de reproduire le miracle de I Got Two, voire d'en industrialiser la production pour en faire une entreprise rentable et pérenne, rassurante perspective en ces temps troublés de crise économique mondiale. Je rassure immédiatement les mystiques superstitieux de la french house : Non, rien dans les autres productions des deux jeunes hollandais ne vient égaler la puissance et l'efficacité de ce morceau, et les shamans de la musique électroniques ont encore de beaux jours devant eux. N'empêche, même si leurs autres tracks tranchent avec le style disco de I Got Two et se tournent vers des influences plus diverses voire exotiques, certaines restent très bien foutues, à l'instar de Fissa Tune, samplé sur une chanson traditionnelle grecque. Homework expérimente, et si ils se plantent souvent, le mérite n'en est que plus grand quand ils font mouche.
Links
Homework - I Got Two
Homework - Fissa Tune
lundi 20 décembre 2010
Les teutons ne sont pas tous des barbares sanguinaires
Révélé au grand public mainstream non germanophile (Grosso modo : moi) par les compilations de Kitsune, Siriusmo est un producteur de musique électronique allemand qui navigue en eaux troubles, quelque part entre la techno minimale, la nu-disco et d'autres influences pleines de claviers trop kitsch pour être honnêtes et de basses synthétiques et surpuissantes. Je me suis toujours plaint de ce retour des années 80 qui déferle sur la musique de ces dernières années comme la famine sur le bas clergé, mais dans ce marasme de synthés cheaps et de mauvais gout assumé, Siriusmo garde une petite place spéciale dans mon cœur attendri. Peut être est-ce grâce au savoir faire traditionnel et millénaire des teutons en matière de minimal que ce producteur tire son épingle du jeu.
Des constructions complexes et progressives qui prennent le temps de monter en gamme, d'installer leur univers voire de se faire complètement oublier pour revenir avec plus de force et d'intensité quand le besoin s'en fait sentir, tout en gardant cette fraicheur et cette efficacité pop qu'on peut retrouver chez des gens comme Caribou ou Hot Chip, voila comment on pourrait brièvement décrire les productions de ce brave Siriusmo. Et pourtant, sans trop avoir l'air de chercher systématiquement la ligne de basse qui rendra frénétique les jeunes habitués des clubs, on est forcé de reconnaitre qu'il y arrive souvent. Assez éloigné des médias et des tubes de dancefloor, Siriusmo se la coule douce avec ses potes de Modselektor, et enchaine les remix et EP, sans chercher à se faire connaitre hors de sa Germanie natale. Actif depuis déjà une dizaine d'année, on sent dans ses arrangements riches et complexes le plaisir simple de faire de la musique bien plus que le besoin maladif de reconnaissance et de hype. Tant mieux, tant mieux, ca nous change un peu de l'ordinaire.
Links :
Siriusmo - Wow
Siriusmo - Nights Off
Siriusmo - High Together
Des constructions complexes et progressives qui prennent le temps de monter en gamme, d'installer leur univers voire de se faire complètement oublier pour revenir avec plus de force et d'intensité quand le besoin s'en fait sentir, tout en gardant cette fraicheur et cette efficacité pop qu'on peut retrouver chez des gens comme Caribou ou Hot Chip, voila comment on pourrait brièvement décrire les productions de ce brave Siriusmo. Et pourtant, sans trop avoir l'air de chercher systématiquement la ligne de basse qui rendra frénétique les jeunes habitués des clubs, on est forcé de reconnaitre qu'il y arrive souvent. Assez éloigné des médias et des tubes de dancefloor, Siriusmo se la coule douce avec ses potes de Modselektor, et enchaine les remix et EP, sans chercher à se faire connaitre hors de sa Germanie natale. Actif depuis déjà une dizaine d'année, on sent dans ses arrangements riches et complexes le plaisir simple de faire de la musique bien plus que le besoin maladif de reconnaissance et de hype. Tant mieux, tant mieux, ca nous change un peu de l'ordinaire.
Links :
Siriusmo - Wow
Siriusmo - Nights Off
Siriusmo - High Together
mardi 14 décembre 2010
Dieu benisse les clubs enfumés du sud de Londres
Le 2step ou UKgarage n'ont jamais été des genres qui m'aient vraiment intéressé. J'y avais jeté une oreille respectueuse lorsque j'avais découvert la dubstep, mais rien n'avait vraiment retenu mon attention. Pourtant, lorsque dans son mix pour Annie Nightingale, AC Slater a balancé Sincere de MJ Cole, j'ai immédiatement senti qu'il y avait la quelque chose qui me parlait, bien plus que toute l'avalanche de wooble wooble pseudo dubstep qui nous noie depuis quelques années. Le rythme syncopé et planant peut être, qui tranchait radicalement avec le 4 to the floor qui semble conditionner toute musique électronique à vocation dansante depuis les débuts de la création. C'était une vraie libération, une redécouverte pour moi, d'un son que j'avais cru exclusif aux tracks de Horsepower Productions, pionniers du mouvement dubstep au milieu des années 2000. Degagé de cette nécessité abrutissante de balancer la basse la plus puissante du monde, MJ Cole pose doucement son ambiance, feutrée et lounge, avec une instrumentation et une partie vocale très proche de la deep house des années 80. On est en 1998, et l'electro n'a pas encore connu cette espèce de folie sursaturée des années 2000. Et c'est surprenant aujourd'hui de retrouver aux origines cet track, si jazzy, si élégante et pourtant si dansante.
Le premier single "Sincere" et l'EP qui suivra sont deux petites merveilles trop souvent oubliées dans le monde de l'electro. Tout le monde s'accorde à reconnaitre à MJ Cole son statut de précurseur du mouvement dubstep qui déferlera quelques années plus tard. Mais ici, les basses vrombissantes sont de trop, le producteur est ancien pianiste, et ca se sent. La mélodie est primordiale dans les premiers titres de MJ Cole, elle n'est jamais étouffée par une rythmique trop appuyée, un compresseur poussé à fond ou une basse à faire trembler les murs. Tout est la, mais tout est mesuré, et donne à chaque aspect une vraie valeur, un vrai rôle dans l'élaboration de ce groove surprenant et désarmant qu'on retrouve dans ces premières productions qui se révèlent des coups de maitre. Ensuite, dieu seul sait ce qui lui a pris, mais c'est globalement moins bon.
Links :
Mj Cole - Sincere
Mj Cole - Flava Fever
MJ Cole - Guilty
Le premier single "Sincere" et l'EP qui suivra sont deux petites merveilles trop souvent oubliées dans le monde de l'electro. Tout le monde s'accorde à reconnaitre à MJ Cole son statut de précurseur du mouvement dubstep qui déferlera quelques années plus tard. Mais ici, les basses vrombissantes sont de trop, le producteur est ancien pianiste, et ca se sent. La mélodie est primordiale dans les premiers titres de MJ Cole, elle n'est jamais étouffée par une rythmique trop appuyée, un compresseur poussé à fond ou une basse à faire trembler les murs. Tout est la, mais tout est mesuré, et donne à chaque aspect une vraie valeur, un vrai rôle dans l'élaboration de ce groove surprenant et désarmant qu'on retrouve dans ces premières productions qui se révèlent des coups de maitre. Ensuite, dieu seul sait ce qui lui a pris, mais c'est globalement moins bon.
Links :
Mj Cole - Sincere
Mj Cole - Flava Fever
MJ Cole - Guilty
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