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mardi 25 janvier 2011

Soul puissante et voyage temporel (Encore !)

Il faisait chaud en cette magnifique journée de mai 2010, j'étais en plein partiels, et histoire de me donner du courage, je fouillais avidement dans les immenses piles de vinyles qui occupent ma cave avec le secret espoir de trouver un truc cool à m'écouter, un vrai son de la grande époque des sixties comme on en fait plus aujourd'hui. Ma main se posa par le plus grand des hasards sur "100 days 100 nights", et le nom de Sharon Jones m'évoqua vaguement quelque chose sans que je ne puisse identifier avec certitude quoi. Le look résolument rétro de la pochette acheva de me convaincre que c'était sûrement la pépite tant recherchée, et je m'empressais de monter écouter l'album dans ma chambre, en me plongeant dans mes révisions. Hélas, rapidement, toute ma concentration fut drainée par le son incroyable qui sortait de mon lecteur Vynil, qui est pourtant loin d'être une merveille de la technologie.  Basses puissantes, cuivres de rêves, je me sentais projeté à travers le temps, 30 ans en arrière, quelque part entre Isaac Hayes et Otis Redding, avec ce je ne sais quoi d'Aretha qui se rappelait à mon bon souvenir.Je me répétais en écoutant l'intro de Nobody's baby que Tarantino n'aurait sûrement pas renié un truc pareil pour Jackie Brown. Sharon Jones, visiblement 60 ans sur la pochette, devait être une vraie, une pure, sans hésiter.  Mais les Dap kings... Ce nom m'était étrangement familier lui aussi. Et soudain, la révélation : Les Dap Kings etaient les musiciens d'Amy Winehouse durant sa tournée et l'enregistrement de son album. Ah Pime Taradox ?
Photo de famille, c'en est presque touchant.

La vérité, c'est que l'album "100 days" est sorti en 2007, au beau milieu d'un énième "grand retour de la soul music" que tentaient de nous vendre les majors à grand renfort de Duffy, Amy Winehouse et autres copie carbones. Voila qui foutait un peu en l'air ma quête (stupide je l'avoue) d'authenticité, mais qui me laissait néanmoins avec quelques interrogations et un album grandiose sur les bras, ce qui n'est pas si terrible quand on y réfléchit. Sharon Jones, née en 1956, ne parvint pas à percer dans les années 70 et dut mettre sa carrière entre parenthèse, exerçant des petits boulots en attendant de saisir l'opportunité qui la ferait connaître au public. Ce ne sera qu'en 96 qu'elle se relancera dans la chanson et elle devra attendre 2002 pour rencontrer le succès aux cotés des Dap Kings grace à l'album "Dap Dippin with Sharon Jones and the Dap Kings" puis une vraie reconnaissance avec ses albums suivants. Après 20 passés comme surveillant pénitentiaire et convoyeur de fonds, Sharon Jones revient à la soul music, son domaine de prédilection, et a dans la voix cette puissance et cette sobriété qui manque à tant d'autres.



Links :
Sharon Jones & the Dap Kings - Nobody's Baby
Sharon Jones & the Dap Kings - 100 Days, 100 Nights
Sharon Jones & the Dap Kings - Let Them Knock

mardi 28 décembre 2010

Rock'n roll et saveur du terroir : Une alchimie surprenante

Le rock n'est pas forcement le point fort des musiciens français. Mis à part quelques groupes à succés qui persistent tant bien que mal, la majorité des formations restent la plupart du temps bloqué au niveau de la chanson pour midinettes adolescentes. Depuis toujours, on s'est habitué à ce triste constat, et on se tourne naturellement vers l'étranger quand le besoin de riffs puissants et de solos démentiels se fait trop pesant. A tel point que lorsque j'ai appris que The Marshals étaient un petit groupe venu de Moulins, bourgade perdue au fin  fond de l'Auvergne, j'ai tout d'abord refusé d'y croire, avant de me rendre à l'évidence : ces gars la échappaient mystérieusement à la malédiction qui touche nos compatriotes et délivraient un son brut et puissant, sans fioriture, sans superflu. Une guitare, une batterie, une voix, et rien de plus. On pense aux Black Keys dès les premiers accords, à croire que les gars se sont pointés avec le dernier album des américains dans les mains et ont dit à leur producteurs : On va faire pareil.

The Marshals sur scène : On est loin d'un orchestre symphonique

Et aussi incroyable que ça puisse paraître, ça a marché. The Marshals  marchent dignement dans les pas de leurs idoles, et n'ont pas à rougir de leurs productions, qui égalent largement les canons du genre. C'est bien simple, tout est la, la puissance, l'efficacité mais aussi une science du riff et du solo de guitare digne des plus grands. On croit entendre au détour d'un solo particulièrement bien ficelé, un je ne sais quoi de Hendrix qui réchauffe le coeur, un peu de l'élégance bluesy des Whites Stripes peut être aussi, ou par moments les attaques de guitare hachées et acérées de The Kills. Les pistes se succèdent et ne se ressemblent pas (ou peu) alternant entre débordement d'énergie furieux et ballades apaisantes, sans jamais briser cette belle unité de son, ce petit univers garage et brut de décoffrage dans lequel on se laisse emporter sans rechigner. Le son des Marshals est puissant, sexy et sans concession, et on en redemande.

Links :
Le myspace des Marshals (Je crois que c'est le seul moyen d'écouter leur musique sur le net, ils ont sorti un album récemment mais je pense qu'il est difficile à trouver hors Auvergne. Bon courage.)